FLASH INFOS HISTORIQUE  

 

18.01.07 l'Afrique, …..un autre football

 

En déplacement au Sénégal, non pas pour chercher la perle rare (le buteur qui nous fait tant défaut), mais en voyage d'agrément, nous avons pu nous imprégner du football africain…et que les différences sont grandes avec celui de la France !

Invités à assister à un tournoi international à Saint-Louis, club entrainé par Amara TRAORE, ex avant-centre de Bastia, Le Mans, Gueugnon et Metz, l'état du terrain aurait sans doute rebuté l'ensemble de nos footballeurs; le pire des stabilisés de la région étant un billard en comparaison du stade Saint-Louisien ! Et, on peut écrire que les footballeurs ont du mérite à pratiquer du (beau) football sur une telle surface. Songez que, pour tirer les balles arrêtées, les joueurs font un petit monticule de sable !

A côté de Sally, existe un centre de formation, "Les Diambars", (traduction = les guerriers), unique en son genre. En effet, il ne bénéficie d'aucune aide de l'état ou fédération sportive. Ce sont des privés, Bernard LAMA, Patrick VIERA, Jean Marc ADJOVI-BOCO, et des entreprises qui financent la formation de 90 enfants, âgés de 15 à 19 ans et encadrés par une équipe d'éducateurs et de professeurs.

Ce centre va très prochainement être équipé de 2 terrains synthétiques, qui remplaceront avantageusement des espaces peu propices à la pratique du football.

Alors que la CAN 2008 débute dimanche, on a pu s'apercevoir que le foot africain est en pleine mutation…….Le jour  où les infrastructures et l'encadrement logistique et administratif seront compétitifs, nul doute que l'on reparlera du continent africain sur le plan mondial.

 

Voir le site des Diambars: http://www.diambars.org

 

 

 

 

AFRIQIYAH AIRWAYS : TAYE WALA…….. SOUBA ! (AUJOURD’HUI OU ……..DEMAIN !)

 

Bonjour à tous…

Je n’ai pas résisté à vous narrer  mes dernières vacances au Sénégal, du 30 décembre au 10 janvier 2008. Il faut dire que, j’ai eu, et vous le comprendrez en lisant ce récit, tout le loisir de le rédiger, les heures d’attente, d’avion et de TGV étant très propices à la réflexion !

« Début décembre, à l’affût de billets d’avions pas chers pour moi-même et 3 amis, je commande 4 précieux sésames, Genève-Tripoli-Dakar pour un prix défiant toute concurrence. Quelques jours plus tard, je réceptionne les billets, ce qui me rassure quelque peu, car j’ai appris entre temps que la compagnie qui nous emmène est celle du guide Kadhafi ! L’enregistrement au départ de Genève se passe comme une lettre ou plutôt 2 lettres à la poste car, heureuse surprise, nous avons droit à 2 fois 24 kilos de bagages ! Le trafic dense de cette fin d’année nous causera quelques heures de retard, sans plus. L’avion, un airbus flambant neuf est  rempli d’à peine 40 passagers, le service à bord est impeccable…..tout baigne. Après une petite attente supplémentaire à Tripoli, cap sur Dakar, avec là aussi un avion rutilant (2ème vol) , toujours aussi peu rempli, qui nous permet de prendre nos aises. Fin du premier (heureux) épisode.

Chacun sait que le débarquement à l’aéroport Dakar n’est pas des plus agréable, les apprentis porteurs, quelques fois tripoteurs, vous collant comme des sangsues. Mais, grâce à la tactique empruntée aux fermiers du Far West, face aux attaques des indiens, qui consiste à faire un rond avec les chariots, à la seule différence que ce sont les vacanciers qui servent de boucliers aux chariots et non le contraire, nous arrivons sans encombre au véhicule de Tonton Jo et Michel, nos chauffeurs attitrés. Mais, stupeur, après un inventaire rapide des valises, on s’aperçoit qu’il manque un sac à main contenant naturellement une coquette somme d’argent ainsi que les billets de retour et l’indispensable passeport……Branle bas de combat et un voile de suspicion plane tout autour de nous…….Dans un éclair de lucidité, la personne lésée retourne sur ses pas et, miracle, retrouve son précieux bien à la sortie du tunnel des marchandises contrôlées ! Ouf, le convoi peut s’ébranler et gagner ses pénates à M’Bour pour une nuit très courte. Fin de ce 2ème épisode qui laisse déjà deviner de belles surprises à venir….

Ah, qu’il est agréable l’hiver sénégalais avec un soleil éclatant la journée et des nuits fraîches qui permettent à tous, y compris les moustiques, de bien dormir……et pendant ce temps là, il gèle en Haute-Savoie ! Le changement d’année se fera en douceur, autour d’une bonne table, garnie des produits d’une mer généreuse. Mais bon, la farniente, les allers-retours M’Bour-Niakh Niakhal à pied, cela va un moment. Nous avons donc l’occasion de faire d’une pierre 2 coups en découvrant à la fois la ville coloniale de Saint-Louis et en assistant, passion oblige, à un match de foot international opposant Saint-Louis au club de l’A.S. Kaloum, champion en titre de la Guinée Conakry. Et quels meilleurs guides que le duo Abdoulaye Sarr et Amara Traoré, ex-entraîneurs de l’équipe nationale du Sénégal, aurions nous pu trouver ? Des belles maisons coloniales, nous passons ainsi brutalement au stade désuet de la Linguère de Saint-Louis ou s’entassent dans la joie et la bonne humeur plusieurs milliers de personnes. Coincés entre le gouverneur et le Président du Club, nous, les 2 seuls toubabs attirons forcément l’attention…..les flash crépitent et les questions fusent……..Hélas, nous sentons une pointe de déception lorsque nous leur répondons que nous ne sommes ni recruteurs, ni agents de joueurs, mais de simples spectateurs !!!!!

A l’issue d’une partie de bon niveau compte tenu du terrain,car songez que, pour tirer les coups francs, les joueurs posent le ballon sur un petit tas de sable, nous avons le privilège de fouler la « pelouse » en compagnie d’une myriade de griots bruyants (caste étant notamment la dépositaire de la tradition orale et de la musique) aux mains quelques fois baladeuses……..Après un succulent repas pris avec les autorités et le staff des 2 équipes au cours duquel, il fut beaucoup question de ….football, retour à M’Bour, il est déjà 3 heures du matin  et fin de ce (paisible) 3 ème épisode.

1er client d’un hôtel restaurant, l’Eden Pescadou à Niakh Niakhal, joliment tenu par Cyril et ses parents et que je vous recommande soit dit en passant, ce dernier me propose de faire une sortie pêche…..Envoyez c’est pesé. En compagnie de 5 autres pêcheurs et sous le capitanat avisé de Franck, nous embarquons sur un bateau de 7 mètres. Une mer d’huile nous tend les bras, chacun d’entre nous préparant frénétiquement sa canne et ses appâts, persuadés de faire la pêche du siècle. Après un premier arrêt, 5 kilomètres au large oú nous ne pouvons arrimer l’ancre, nous continuons plus au loin, pour se fixer à 22 kilomètres des côtes. Mais là, rien ou plutôt si………la mer qui devient noire et des trous de 3-4 mètres ! En bon marin, Franck, décide de rentrer, coupant du mieux possible les immenses vagues qui vomissent sur nous des salves glacées……2 heures durant, nous nous cramponnerons au bastingage, maugréant quelques jurons que n’auraient pas reniés le capitaine Haddock en personne. Le grain essuyé, à peine séchés et blancs comme des boulangers aspergés de farine, nous profitons d’une mer plus calme pour jeter quelques palangrottes qui nous permettrons de ne pas rentrer bredouilles, mais sans triomphalisme non plus ! Fin de cet (animé) 4ème épisode.

Aller au Sénégal et ne pas faire le marché de M’Bour, c’est comme visiter Paris sans voir la Tour Eiffel !

Des couleurs, des odeurs à nul autre pareil, une pléiade de marchands et marchandes de 7 à 77 ans, des m2 d’étals, des kilomètres de labyrinthes, des tonnes de poissons magnifiques, le tout , surveillé par des antiquaires beaux parleurs et dont le met préféré est le pigeon…….Alors, acheter, non marchander dans ces conditions est un plaisir aussi bien partagé par le client que le vendeur. Se voir proposer des montres et lunettes de marques aussi fausses que nature, négocier l’imposant pamplemousse qui, une fois le dos tourné, est de la grosseur d’une mandarine……c’est tout cela le charme du Sénégal. Fin de ce gentil 5ème épisode.

 

Le 6ème épisode est certainement le plus douloureux, physiquement s’entend pour « Papy Claude ».

Opéré récemment d’une hanche (remplacement d’une ancienne prothèse), le « Papy » a  testé, bien malgré lui, si le travail de son ami, le Professeur Chambat avait bien été effectué….Une glissade plus loin et une lourde chute en plein sur la hanche remise à neuf, vont faire craindre le pire. Après un rapatriement en ambulance sur un hôpital à Dakar , heureusement,les médecins ne décèleront pas……de descellement !

Seul le porte monnaie  subira une fracture, 150,000.00 CFA la course, rien que cela….heureusement que l’assurance de la carte « Gold », la bien nommée,  prend en charge la totalité des frais médicaux et ambulanciers !!!!!!!

Le 7ème et dernier épisode sera, de loin, le plus déroutant et à rebondissements !

Tout avait bien commencé en ce 10 janvier, le trajet M’Bour-Dakar étant effectué pour 2 raisons :

1-     Rapatrier le « Papy » à la maison après ses examens à l’hôpital.

2-     Déposer a l’aéroport Léopold Senghor, votre narrateur.

Aller à Dakar en fin d’après midi est tout sauf une gageure. Dès Rufisque, d’interminables bouchons ralentissent un trafic qui s’étrangle, comme d’ailleurs les occupants des véhicules, étouffés par une pollution terrible. Et même avec les raccourcis pris par le fidèle Azziz, la route est encore longue avant de pénétrer dans Dakar la fumeuse, encerclée de multiples vendeurs à la sauvette qui, chassés par le Gorgui (le Président Wade) en décembre, ont tôt fait de revenir encore plus nombreux. Cependant, les bords de route qui étaient auparavant jonchés de cadavres de voitures sont aujourd’hui « entretenus » par des milliers de brebis et agneaux, désormais veuves et orphelins,faute à la « Tabaski » ou « Aïd el-Kebir ». Arrivés à l’Hôpital, le « Papy » chargé dans la voiture, nous voici partis, et largement en avance sur l’horaire, pour l’aéroport.

A 20h00, après de chaleureuses accolades, me voici, oh surprise, dans le hall de départ. Pas l’ombre d’un porteur, ni de triporteurs, encore moins de tripoteurs, peu de monde à l’enregistrement alors que l’année passée, c’était la chienlit la plus totale…..c’est l’Amérique au Sénégal. Ne serait-ce pas trop beau pour être vrai ?

A 20h15 pétantes, fier comme Artaban, prenant bien soir de vérifier que mon vol est affiché sur les tableaux, je quémande aux 2 charmantes hôtesses de l’accueil les portes pour l’enregistrement du vol Dakar-Tripoli-Genève.27,28,29, sont, je le croyais, les chiffres porte bonheur, précieux sésames vers l’Europe. Calé sur ma valise, je rigole doucement des gens qui vont devoir poireauter derrière mézigue, premier de cordée.

A 21h20, heure du check-in, ne voyant rien de concret sur les portes en question, j’interpelle un employé de ma chère compagnie. Sa réponse cingle comme un  jet de sagaie, le vol est annulé….. probablement reporté à samedi, si tout va bien (nous sommes jeudi !). Hilare un ¼ de seconde, ma réponse lui fouette le visage. « Je pars aujourd’hui, débrouillez vous » ! Petit à petit, les passagers de ce vol fantôme vont arriver. En apprenant la nouvelle, certains sont ulcérés, d’autres résignés……mais très vite je mène la fronde. Il faut se faire entendre et rester solidaires dans la contestation ! Puis arrive le chef d’escale, lui aussi passé à la moulinette. En désespoir de cause, ce dernier pense que « peut-être », certains pourront prendre le vol Dakar-Paris, mais nous n’avons pas d’accord, une phrase qu’il va répéter maintes fois !

A 22h00, une imposante délégation composée de journalistes, cameramen, policiers arrive dans le hall de départ. Un sénégalais nous informe que c’est le Ministre des transports qui fait une visite à l’aéroport. Qu’il tombe bien ce cher Ministre, il va pouvoir nous sortir de ce pétrin. Récitant mes formules de politesse en Wolof, je m’approche de la foule, tape sur l’épaule d’un membre de la délégation et demande si je peux poser une question à Monsieur Le Ministre ! Bien sur répond-t-il et, sous une nuée de micros, magnétophones et caméras, je lui demande si dans le cadre du transport, il est normal qu’un vol soit annulé sans avertir, 1 heure avant le check-in. Monsieur le Ministre me répond avec courtoisie, me demandant le nom de la compagnie incriminée, que je lui communique sans hésiter. Il me dit que son conseiller va intervenir auprès de notre chef d’escale afin de trouver une solution……..Mais le chef d’escale croule sous les réclamations, certains passagers perdant patience. L’un d’entre eux, en consultant le panneau des vols, croit avoir découvert le Nivarna, un vol direct Dakar-Bruxelles, assuré par la même compagnie  est annoncé à 00h30 ! D’aucun demande au chef d’escale de nous transférer via Bruxelles. La réponse est murmurée, du bout des lèvres, ce vol est un vol spécial, spécial ……pour le ministre et sa délégation ayant une réunion à Bruxelles ! Un passager aussi perspicace qu’en colère fera vite le rapprochement qui s’impose, le Ministre nous a pris « notre » avion ! Une déduction sensée puisque la compagnie a préféré sans doute les 50 passagers de renom à la petite vingtaine d’anonymes ! Cette révélation fait encore monter d’un cran la tension, les 2 employés de la compagnie  devenant à leur tour très nerveux. Toutefois, une fenêtre va s’ouvrir dans le ciel Dakarois, 4 personnes sont invitées à prendre le vol de Paris…….Crotte, pour ne pas dire plus, je suis 6ème sur la liste…….alors que j’étais là aux premières heures, bizarre….. Le temps s’ égrène, inexorablement, et chaque minute de passée, diminue les chances des naufragés du ciel. Une 5ème personne est appelée, elle jubile, nous souhaite bonne chance et disparaît sous le regard envieux de nous tous. Ayant échappé au rhume des fesses (turista), j’ai néanmoins mon nez qui coule comme une Fontaine Romaine. N’y tenant plus et ayant épuisé mon stock de mouchoirs, je fonce aux toilettes récupérer du papier essuie-tout, sans omettre de donner ma dernière pièce CFA au Monsieur Pipi. C’est alors que le miracle se produit, la n° 7 me tire par le bras, « vient, il ont appelé 4 nouvelles personnes ! ». Je reste hébété, et en passant devant mes 2 bourreaux mais aussi mes souffres douleurs, ceux-ci esquissent un sourire triomphateur, et moi donc ?

 

J’y suis, dans ce fameux avion, à la place 3 C, en 1ère classe siouplaît !

1h15 locale, les réacteurs vrombissent, et malgré toutes ces péripéties, je suis triste de quitter cette terre d’accueil. Le vol est parfait, le service itou. A 7h30, heure locale, l’oiseau de fer atterrit en douceur à Orly, superbe aéroport que je n’avais jamais eu l’occasion de voir, comme quoi……..

Mais le voyage n’est pas terminé, il faut trouver un TGV pour Genève. Se pose aussi le problème des bagages. L’union faisant la force, je me regroupe avec 2 sénégalais embarqués dans la même pirogue..Nous sautons de rames en rames pour parvenir enfin, à 9h15, à la gare de Lyon. Manque de bol, le TGV vient de partir. Ce n’est que partie remise et cette 1h45 de battement va nous permettre de boire un bon café et de parler ….du Sénégal. Un visage connu attire tout à coup mon attention…….2 tables plus loin, noyé au milieu des quidams, Paul Loup Sulitzer feuillette le canard enchaîné. Hésitant, amaigri, qu’il est loin le temps des années best-sellers (Money, Cash, Fortune) et de la jeune Baby Doll polonaise Eva Kowalewska. J’en profite pour sortir mon appareil photo et immortaliser cet écrivain parait-il ruiné, malgré 30 millions de livres vendus.

11h00, la voie 9 est la voie royale pour nous trois. Nous nous engouffrons dans ce convoi qui emmènera chacun d’entre nous vers la terre promise. Nous avons tout le loisir d’admirer les  paysages, tantôt plats, tantôt vallonnés ou escarpés de notre belle France. Quel contraste avec la platitude  du Sénégal !

14h14, arrivée en gare de Bellegarde. Mon chauffeur, Lili est là. 20 kilomètres plus loin et autant de minutes me voici enfin rendu comme disent certains !

Hormis la Teranga (hospitalité) qui sied bien au peuple sénégalais, j’avais trouvé une expression qui collait assez bien à la culture sénégalaise, « Taye Wala Mouk », (aujourd’hui ou jamais). La morale de cette histoire serait plutôt « Taye Wala….. Souba », (aujourd’hui…..ou demain) ! »

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                  

 

                                     © Étoile Sportive Cernex 2006